Quand partir
La saison sèche va de décembre à mai. C'est la fenêtre à viser, surtout pour la croisière, qui dépend entièrement de l'état de la mer.
De juin à novembre, c'est la mousson et la saison des typhons. Les traversées en bangka sont annulées régulièrement, et un itinéraire d'île en île devient un pari.
Janvier et février restent secs mais ventés. La mer se forme, et les journées d'island hopping sont parfois écourtées.
Nous, c'était en février. Beau temps pendant les deux semaines, sans exception.
Un avertissement qui vaut mieux qu'un conseil général : j'y ai pris le plus gros coup de soleil de ma vie. Entre le bateau, le snorkeling et la réverbération, l'exposition est permanente et on ne la sent pas passer. Crème solaire haute protection, et un tee shirt dans l'eau.
Le budget
Le quotidien reste abordable : les guesthouses, les repas locaux et les trajets en van ne coûtent pas grand chose.
Ce qui pèse, ce sont les activités et les taxes. Chaque tour d'island hopping se paie à la journée, El Nido et Coron prélèvent des frais d'entrée environnementaux, et la croisière représente à elle seule le plus gros poste du voyage.
Prévois aussi du liquide. Les distributeurs sont rares en dehors des villes, souvent vides, et beaucoup d'endroits n'acceptent pas la carte.
C'est un peu plus cher que le reste de l'Asie du Sud Est, et ça se sent surtout à table.
Un repas au restaurant : autour de 10 €.
Un tour à la journée : on a payé 30 € à Port Barton, avec cinq points d'intérêt et le repas compris. C'est celui que je recommande.
La croisière El Nido vers Coron : environ 250 €, le plus gros poste du voyage à lui seul.
L'itinéraire, étape par étape
Quatre étapes, du sud au nord de Palawan, puis la traversée vers Coron.
- Puerto PrincesaLa porte d'entrée et la rivière souterraine
- Port BartonVillage de pêcheurs et island hopping tranquille
- El NidoLa baie de Bacuit et ses lagons
- La croisièreTrois jours de navigation, sans réseau
- CoronLacs enclavés et épaves japonaises
Puerto Princesa
La porte d'entrée de Palawan, avec le principal aéroport de l'île. La ville en elle même n'a pas grand intérêt, elle sert de point de départ.
Son argument, c'est la rivière souterraine de Sabang, classée au patrimoine mondial, à environ deux heures de route. La visite se réserve à l'avance, le nombre d'entrées quotidiennes étant limité.
Port Barton
Un village de pêcheurs sur la côte ouest, à quelques heures de van depuis Puerto Princesa. Pas de grande route, pas de foule, une plage principale et des bateaux.
C'est l'étape lente du voyage. On y fait de l'island hopping à la journée, sur des îlots nettement moins fréquentés que ceux d'El Nido.
El Nido
Le nord de Palawan et la baie de Bacuit. Des dizaines d'îles calcaires plantées dans une eau turquoise, avec des lagons accessibles seulement en kayak ou à la nage.
Les excursions sont organisées en circuits nommés par lettre. Chacun couvre un groupe d'îles différent, et il est courant d'en enchaîner deux sur un même séjour.
La ville est bruyante et très touristique. Les plages plus au nord, à quelques kilomètres de scooter, offrent un tout autre visage.
La croisière jusqu'à Coron
C'est le morceau que tout le monde retient, et le seul qui se réserve longtemps à l'avance.
Le principe : trois jours de navigation entre El Nido et Coron, sur un bateau traditionnel en bois, avec des nuits passées sur des plages ou dans des campements sommaires sur des îles isolées. Pas de réseau, pas d'électricité en continu, des repas préparés à bord.
Ce n'est pas une croisière de confort, c'est une expédition. Le confort dépend entièrement de l'opérateur choisi, et les écarts de prix suivent les écarts de prestation.
Pour ceux qui n'ont pas le temps ou l'envie, un ferry rapide relie directement les deux villes en quelques heures.
On est partis avec Keelooma, pour environ 250 €. Le paiement se fait en deux temps : 20 % en ligne à la réservation, et le reste en liquide sur place, le matin du départ. Prévois le cash, il n'y a pas de distributeur au ponton.
Le déroulé. Chaque journée, c'est du bateau vers des endroits plus beaux les uns que les autres, du snorkeling, des plages de sable blanc, des parties de volley, et du temps à ne rien faire à bord ou sur le sable. Les repas sont préparés pour le groupe, à bord comme sur les îles où on dort. La nourriture était bonne sur les trois jours, ce qui n'était pas gagné.
L'équipage fait la moitié de l'expérience. Le nôtre était formidable, une mention particulière pour Ryan, Gabriel et John John.
Coron
Sur l'île de Busuanga, au nord. Un décor de pitons calcaires, de lacs enclavés et d'eau transparente.
C'est aussi un site de plongée réputé : plusieurs épaves de navires japonais coulés pendant la Seconde Guerre mondiale reposent dans la baie, à des profondeurs accessibles.
Le lac de Kayangan et les lagons jumeaux sont les incontournables, mieux vus tôt le matin avant l'arrivée des bateaux.
Se déplacer
Entre les villes de Palawan, tout se fait en van partagé. Les routes sont longues et sinueuses, et les temps de trajet annoncés sont toujours optimistes.
Sur l'eau, le bangka, ce bateau à balanciers typique, sert à tout : island hopping, transferts entre îles et croisières.
En ville, le tricycle remplace le taxi. Le prix se négocie avant de monter, jamais après.
Entre les îles, les vols intérieurs relient Puerto Princesa, Busuanga et Manille, souvent moins chers que prévu si on réserve tôt.
Où dormir
Quatre étapes à terre et trois nuits en mer, donc deux logiques de logement complètement différentes.
À Puerto Princesa, l'hébergement sert surtout de sas entre l'aéroport et la route. Une nuit simple près du centre suffit.
À Port Barton, l'offre reste volontairement modeste : pensions de famille et bungalows en bord de plage. Le village n'a longtemps été alimenté en électricité que quelques heures par jour, et les coupures restent fréquentes.
À El Nido et à Coron, on trouve de tout, de l'auberge au petit resort. Les logements en centre ville sont plus pratiques pour partir en excursion tôt le matin, ceux qui sont isolés sur la côte sont plus calmes mais dépendent d'un trajet en tricycle.
Pendant la croisière, on dort en bivouac sur les plages ou dans des villages, sans électricité ni réseau. Ce n'est pas un inconfort à subir, c'est le cœur de l'expérience, mais ça se prépare.
Un réflexe utile partout dans l'archipel : demander si l'établissement a un générateur. Les coupures de courant font partie du quotidien.
Je n'ai pas gardé le nom de nos hébergements, à part la croisière qui se réserve à part. Sur cette destination, le logement n'est pas le sujet : c'est un endroit où tu passes la nuit entre deux journées en bateau.
Le vrai conseil sur le logement ici, c'est de réserver tôt, pour la même raison que les transports. En haute saison, les bonnes adresses de Port Barton et d'El Nido partent vite.
À ne pas manquer
Les lagons de la baie de Bacuit à El Nido, le lac de Kayangan à Coron, et évidemment les trois jours de navigation entre les deux.
Et pour ceux qui plongent, les épaves de Coron, qui n'ont pas d'équivalent en Asie du Sud Est.
La croisière d'El Nido à Coron, très largement devant le reste. Les paysages, d'abord. Mais surtout le mélange : des backpackers jeunes venus du monde entier, un équipage très sympa, des logements atypiques et une bonne nourriture, le tout sur trois jours coupés du monde.
Si tu ne devais garder qu'une chose de ce voyage, ce serait celle là.
Les erreurs à éviter
Vouloir enchaîner plusieurs archipels en deux semaines. Palawan seule remplit largement le séjour, et chaque déplacement inter îles coûte une journée.
Réserver la croisière au dernier moment. Les bons opérateurs affichent complet des semaines à l'avance en haute saison.
Partir sans liquide suffisant. C'est le problème numéro un des voyageurs sur place.
Sous estimer le soleil sur un bateau. Trois jours de navigation sans ombre, ça ne pardonne pas.
Notre erreur, et elle est instructive : on a trop attendu pour réserver le vol de Coron à Manille. Le jour où on s'y est pris, il n'y avait plus aucune place. On a fini en ferry, dix sept heures de traversée. L'avantage, il n'était pas cher. L'inconvénient, c'est une journée entière du voyage.
Ce que ça dit du pays : il y a beaucoup de déplacements aux Philippines, et c'est une des destinations d'Asie où l'on ne réserve pas au dernier moment. Vols intérieurs et ferries se remplissent vraiment.
Ce qu'il faut dans son sac
Le sac se pense autour de la croisière. Trois jours sans prise ni boutique changent complètement la liste.
Étanche avant tout. Un sac étanche pour le matériel, et des pochettes séparées pour les papiers et le téléphone. Les transferts se font en bateau, souvent les pieds dans l'eau.
De l'énergie d'avance. Aucune prise pendant la croisière. Une batterie externe de bonne capacité, chargée à bloc, conditionne le fait de pouvoir filmer ou non.
Une lampe frontale. Les bivouacs n'ont pas d'éclairage, et la nuit tombe tôt et vite sous ces latitudes.
Pour les récifs. Des chaussures d'eau, parce que le corail coupe. Une crème solaire, idéalement sans oxybenzone ni octinoxate, qui abîment les coraux.
Des espèces. Les distributeurs sont rares hors des villes, souvent vides le week end, et beaucoup de pensions ne prennent pas la carte. Il vaut mieux retirer à Puerto Princesa ou à El Nido.
Côté électrique. Les Philippines sont en 220 volts mais avec des prises plates de type A, comme aux États Unis. Un adaptateur est nécessaire, contrairement à l'Indonésie ou au Vietnam.
Un sac à dos, surtout pas une valise. Entre les pontons, les bateaux et le sable, les roulettes ne servent à rien ici.
Un petit sac étanche pour l'électronique. Sur la croisière, le bateau est toujours un peu mouillé. Des vendeurs locaux en proposent au départ d'El Nido si tu n'en as pas.
Comment ça se passe à bord : ton gros sac reste en cale pendant la journée, tu ne gardes que le petit avec toi. Organise tes affaires en conséquence la veille.
L'électricité et le réseau. Tu peux recharger drone, caméras et téléphone le soir, sur les campements. En revanche il n'y a aucun réseau pendant les trois jours. Pour nous ça a été un bonheur, une déconnexion totale, mais préviens tes proches avant de partir.
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Ce guide te donne la trame. Si tu veux aller plus loin, je monte ton itinéraire avec toi : le tracé étape par étape, les hébergements, les trajets entre les villes et les activités qui valent vraiment la journée.
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